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| Mai 2005 | |||||||
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L'Europe se construit depuis 1957 à petits pas, de manière consensuelle et démocratique. Une nouvelle étape est à franchir le 29 mai 2005, celle du referendum pour l'approbation ou le rejet de la constitution élaborée par une convention de plus de cent membres représentatifs des 25 pays de l'Union, des partis politiques, des syndicats et des membres de la société civile.
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Le premier argument est historique : L'Union Européenne est un espace de paix intérieure , elle s'est bâtie dans cet objectif et y a réussi. Pourtant cette paix s'arrête à ses frontières comme nous l'ont montré les guerres des Balkans et comme nous le montrent encore les guerres du Caucase. L'Europe n'est pas encore assez forte politiquement pour peser efficacement sur le règlement préventif de ce type de conflits ; il nous semble que la constitution peut être un outil , sur la scène européenne et internationale, capable de la doter de ce poids politique qui lui fait tellement défaut . La construction européenne a été, en outre, un exemple de démocratie pour des pays comme l'Espagne, la Grèce ou le Portugal; elle a contribué à leur sortie de régimes dictatoriaux. Elle reste un exemple démocratique pour certains pays de l'ex bloc soviétique (Ukraine, Croatie). Le second argument est politique : Depuis le traité de Rome et les autres traités fondateurs, l'Union Européenne est essentiellement une entité économique, la première du monde, mais elle n'a pas de véritable existence politique. Nous sommes entrés dans une période de mutations des grands équilibres mondiaux : si nous voulons que l'Union Européenne soit autre chose qu'un grand marché face à des concurrents commerciaux tels que les USA, la Chine et autres puissances émergentes, et qu'elle exprime aussi des valeurs humanistes, sociales, culturelles cela ne peut passer que par l'affirmation de son existence politique . La constitution qui nous est proposée nous semble un premier instrument au service de cette volonté commune. Le troisième argument est économique : En matière économique , la réussite de l'Union Européenne est incontestable, malgré les limites des inégalités persistantes et du chômage récurrent . Elle a permis aux pays du sud de rattraper leur retard et permettra sans doute aux 10 nouveaux membres de faire de même, tout en stimulant le développement de tous, en particulier dans le domaine des nouvelles technologies comme le démontrent le succès d'entreprises communes telles qu'EADS (Ariane espace) ou Airbus industrie et aussi dans le domaine de l'agriculture, dans le cadre de la PAC, dont la France a été, et est encore particulièrement bénéficiaire. Le quatrième argument est culturel : En effet, sur le plan de la culture et de la formation, l'Union Européenne a déjà favorisé la mise en place de programmes d'échanges (tel Erasmus) ainsi qu'une communauté de diplômes (LMD) permettant aux citoyens européens de se rencontrer et de se former dans n'importe quel pays de l'Union . La constitution ne peut qu'affermir cette volonté d'échange, renforcer cet effort de cohésion en donnant une assise commune à la réalité de la citoyenneté européenne. Le cinquième argument est juridique : Dans la continuité de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, l'Europe s'est construite sur des « valeurs », et non sur des revendications territoriales. C'est dans cette logique des « valeurs » que cette constitution intègre désormais la Charte des droits fondamentaux . (Même si pour nous, français, la Déclaration des droits de l'homme est déjà inscrite dans le préambule de la constitution de la V° République). Cette inscription nous semble essentielle car elle permet au citoyen européen de s'en prévaloir et lui donne la possibilité de faire un recours, si nécessaire, auprès de la cour de justice européenne. Ce n'est pas seulement en tant que citoyens français que nous prendrons part au référendum, mais aussi en tant que citoyens européens, en union avec nos concitoyens lettons, slovaques, portugais et tous les autres avec qui nous partageons ce projet de former l'Europe . Nous avons appris depuis près de 50 ans à négocier, à faire des concessions, à jouer à « qui perd gagne ». Notre force vient de notre volonté commune et non du désir de dominer l'autre, de lui imposer une volonté qui ne serait pas bénéfique à l'ensemble des pays membres. La constitution nous apparaît comme un texte nécessaire, pour nous structurer dans ce nouveau « vivre ensemble ». Nous avons la conviction que cette constitution , qui a déjà été acceptée en l'état par plusieurs pays membres (l'Italie tout récemment), et qui le sera par la très grande majorité d'entre eux, n'est pas renégociable , même en cas d'un « non » français. Elle est probablement perfectible, amendable mais encore faut-il la voter, l'adopter, puis l'expérimenter ! La constitution qui précise la répartition des pouvoirs, détermine un nouveau rôle aux institutions en donnant plus de place au Parlement européen, tout en réaffirmant le principe de subsidiarité. Elle constitue donc une incontestable avancée démocratique . Pour cette raison nous soutenons l'initiative présidentielle de soumettre la constitution européenne à la voie référendaire plutôt que parlementaire, car cela autorise ce débat d'idées contradictoires auquel nous participons et qui fait vivre la démocratie. Une constitution n'est qu'un outil au service de la démocratie, c 'est-à-dire des partis politiques que les électeurs mettent au pouvoir ; ce n'est donc pas un cadre absolument figé ni dogmatique . C'est à nous, en particulier par notre participation aux diverses échéances électorales, nationales et européennes, de la faire vivre et de faire en sorte que les valeurs politiques et sociales auxquelles nous sommes attachés puissent s'y exprimer. Le sixième argument est régional : Nous vivons dans une Région Rhône-Alpes, qui joue dans le concert des grandes régions européennes depuis bien des années, sur le plan économique, culturel, en matière de recherche, de formation, d'agriculture… Que diraient nos partenaires de Catalogne, de Lombardie, du Bade Wurtenberg si dimanche notre pays disait NON ??? Quid des grands sommets et conférences comme BIOVISION, et comme celui à consonance mondiale sur l'environnement envisagé prochainement à Lyon, pourront-ils demain se tenir dans une agglomération d'un pays qui aura stoppé la construction institutionnelle de l'Europe ? Quid du financement du projet LYON-TURIN, maillon d'une grande ligne LISBONNE- LYON- TURIN – LUBJANA-KIEV ? Quid du financement des formations qualifiantes financées en grande partie par le Fonds Social Européen, et des projets structurant dans nos montagnes, et dans nos agglomérations ? Serons nous en position de force pour négocier alors que nous serons considérés comme unique responsable de la non adoption du cadre constitutionnel de ces pays qui souhaitaient avancer ensemble dans un cadre harmonieux ? C'est pour toutes ces raisons que voter « oui » au référendum nous semble indispensable ce dimanche ! VOTEZ ET FAITES VOTER OUI DIMANCHE Kitty Lequesne, |
![]() Pour un oui socialiste à la constitution européenne ![]() L'Europe mérite un OUI ![]() L'europe a besoin de notre Oui Les amis du Oui | |||||