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| Avril 2005 | |||||||
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Jean Jaurès, héraut du socialisme international, disait : « C'est en se jetant à la mer, que le fleuve reste le plus fidèle à sa source ». Plus récemment, en février 2004, invité de notre Institut d'Etudes Politiques de Grenoble, un autre homme de gauche Olivier Duhamel, membre de la convention européenne en charge d'élaborer le projet de constitution nous racontait : « Socialiste et idéaliste de l'Europe, j'ai choisi de m'impliquer dans l'UE, et ainsi d'aller partir me salir les mains dans le cambouis ».
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À entendre la plupart des opposants au traité constitutionnel, l'Europe devrait rester un idéal onirique, un paradis perdu, ceux-ci paraissant surtout médire l'Union car elle les confronte à l'irréalisme de leur rêve messianique, à l'absurde quête d'un impossible que, personne, pas même eux ne seraient capable de réaliser. Les mots de Jaurès rejoignent ceux d'Olivier Duhamel en ce qu'ils nous transmettent un message : ne restons pas enfermés dans nos vieilles utopies et utilisons-les a contrario comme moteur de l'action européenne. Certes, accepter la construction de l'Europe nécessite de se heurter à des réalités socio-économiques choquantes, et passer par des compromis, non synonyme de défaite mais bien d'une lutte politique nouvelle. Ce n'est pas sur la Constitution que les énergies et les luttes doivent se déchaîner, mais plutôt dans le cadre institutionnel que celui-là crée. Etrange paradoxe que nous tenons là : pourquoi préférer lutter contre les moulins à vent, au lieu de s'occuper du céréale ? Car si on cesse de se projeter dans des chimères, et qu'on considère l'Union Européenne selon son action, qui pourrait témoigner de son échec ? L'UE a entretenu la paix, et la prospérité à l'ensemble du continent sur un demi-siècle grâce au mercantilisme, et aujourd'hui qu'on entend le dépasser par une véritable union politique, il s'agirait de revenir en arrière ? de s'arrêter au moment où les enjeux deviennent sérieux ? mais devant quelle logique absurde sommes nous donc confrontés ? Qui n'est pas allé en Espagne, au Portugal ou en Grèce voir les extraordinaire bénéfices que l'UE a apportés à ces pays en terme de prospérité, et de démocratie. Qui peut croire que sans l'UE la France serait ce qu'elle est aujourd'hui : après la décolonisation obligée, n'oublions pas que l'Europe a été notre sauveur, le nouveau berceau de nos exportations, de notre économie, celui de notre avenir, et maintenant le porte-voix de notre histoire. Pourquoi dès lors nous priver d'une chance d'obtenir la prospérité, le plein emploi, la protection sociale dans un monde globalisé où seule une entité puissante est susceptible de servir nos idéaux ? L'opinion publique paraît mal informée sur les dérives de la mondialisation, car elle tend trop souvent à l'assimiler la construction européenne comme une tentative de dilution des idéaux français dans une logique anglo-saxonne, à l'instar du phénomène d'américanisation des sociétés, ce qui est faux et même exactement l'inverse de ce que recherche selon nous la construction de l'édifice supranationale. L'Europe est notre tremplin dans le monde du 21è siècle, celui de nos idéaux, et qui refuse à comprendre cela joue à l'encontre de sa nation. Car si une chose est sûre, c'est que l'Etat français seul ne possède plus les instruments suffisants pour tirer de la mondialisation ses effets bénéfiques et freiner ses conséquences désastreuses, ce que seule une entité supranationale comme l'Europe est en mesure de réussir, pour peu que les citoyens en prennent conscience une bonne fois pour toute. Le monde est en profonde mutation depuis une trentaine d'années, les rapports de force passent par des entités, des pôles mondiaux, nécessaire pour lutter contre la mise en concurrence des pays par la dilution des frontières internationales. Sans une Europe forte, nos progrès sociaux seront plus que jamais menacés par l'impératif de compétitivité internationale, unis nous saurons nous protéger des menaces économiques, géopolitiques, d'un monde de plus en plus menaçant face aux impérialismes de toute sorte. La Constitution ancre dans le marbre un seul principe, celui de la solidarité européenne et notre alliance inaliénable aux yeux du monde au nom des idéaux de justice, et d'égalité pour tous que nous ne renierons jamais et que nous défendrons toujours. Cessons de faire primer les égoïsmes nationaux sur les réels enjeux du futur : protégeons nous par l'Union car le temps presse, cessons de fantasmer et regardons la réalité en face : dire oui à la Constitution c'est faire un pied de nez à l'hyper puissance américaine, et envoyer un signe fort de protectionnisme face aux invasions des importations chinoises ou autres phénomènes de délocalisations dans d'autres continents. Alors me répondrez-vous, oui mais cette constitution est nécessaire mais est-elle la bonne ? Un poète américain disait « Qu'importe d'où nos rêves nous font partir, tout finit en deçà de nos espoirs » : alors c'est vrai la constitution de l'Union Européenne n'est pas aussi parfaite qu'elle devrait l'être, mais est-ce une raison pour la rejeter, au contraire ? La Constitution est un pas supplémentaire dans l'action, qui certes nous éloigne toujours plus du rêve, mais nous rapproche tellement du progrès…celui-là même qui a toujours affolé les plus conservateurs, préférant le repli du non, au oui du défi. L'étudiant que je suis apprend à se démarquer de ses rêves infantiles, et user de sa volonté en allant de l'avant, fidèle à soi-même, en vue de s'édifier un avenir solide. Que les opposants à l'ultra-libéralisme comprennent ce que les mots envergure et ambition veulent dire : car le refus de l'action retentit bien comme l'appel du clairon pour la retraite des lâches. Et parce que le flambeau de l'espoir européen nous a été transmis par des hommes comme Adenauer, Schuman, Mitterrand, ne l'éteignons pas, et à l'instar d'un Lionel Jospin d'un François Hollande, ou d'un Nicolas Sarkozy, continuons aujourd'hui de lutter pour les idées progressistes dans une optique réaliste. L'Europe s'ouvre, c'est un nouveau et vaste terrain en construction, partons l'occuper avec ferveur et esprit de conquête plutôt que de faire une grève qui nous laissera assis à ressasser des utopies pendant qu'elle donnera le blanc-seing tant souhaité par les partisans cyniques d'une instrumentalisation libérale de l'Union. Parce que le traité constitutionnel proclame pour la première fois les valeurs d'égalité, de justice sociale, de plein emploi, de protection des services public, d'humanisme, de prospérité pour tous, à une échelle politique supranationale, nous devons la voter, et dire non, c'est se couvrir de honte en capitulant devant l'avenir. Même le plus rêveur des poètes français, Baudelaire, avait l'intelligence de se moquer de ses propres postures romantiques ou messianiques autodestructrices, conscient de l'impératif du réel, et prônant, par un vers censuré par la morale conservatrice de l'époque, une acceptation résignée d' « un monde où l'action n'est pas la sœur du rêve ». Alors, pour que le drapeau de l'ignorance et des fantasmes obscurantistes ne flotte pas au pays des Lumières et ne vienne pas tout défaire le jour venu, pour que le poing levé de nos idéaux humaniste triomphe, marchons ensemble dans une bataille pour l'avenir, participant de face à la construction de l'Union Européenne. La bouche ouverte, les yeux écarquillés, les ailes déployées tels l'angelus novus de Paul Klee décrit par Walter Benyamin dans sa thèse sur la philosophie de l'histoire, le regard porté sur l'horizon, poussée par les tempêtes du passé, envolons-nous vers ces douze étoiles dorées, pour insuffler la quête de notre éternelle victoire, celle de la justice, celle du progrès, celle de la démocratie, celle du peuple … celle du OUI ! > www.constitution-europeenne.fr > Réunion publique du 26 avril 2005 à Décibeldonne > Réunion publique du 24 mai 2005 à Fontanil
Florimond Épée, |
![]() Pour un oui socialiste à la constitution européenne ![]() L'Europe mérite un OUI ![]() L'europe a besoin de notre Oui Les amis du Oui | |||||