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| Octobre 2003 | |||||||
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| Planté au sommet d'une falaise à 1338 m d'altitude, le fort a été construit entre 1872 et 1880 pour protéger Grenoble d'une éventuelle progression ennemie à travers la Chartreuse. Les casemates voûtées et terrassées étaient destinées à abriter le personnel et le matériel. Le fort fait corps avec le rocher et offre une splendide vue panoramique sur Grenoble. Il a subi d'importants travaux de restauration par une entreprise privée et abrite aujourd'hui un restaurant ainsi qu'une exposition sur les forts de Grenoble.
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Nous sommes en 1871, les Français sont encore traumatisés par la défaite de 1870 consécutive à l'imprudente déclaration de guerre de Napoléon III à la Prusse. Le Gouvernement de la III ème République décide alors d'améliorer la protection des frontières de la France. Grenoble, à l'époque, est un gros bourg, pratiquement ville-frontière avec l'Italie jusqu'à l'annexion de la Savoie en 1860. Dès la fin de l'aventure Napoléon 1er où les troupes ennemies, coalisées contre lui, avaient occupé la région en 1815, la ville avait été dotée d'une protection rapprochée constituée d'une enceinte bastionnée et d'une citadelle à la Bastille. La protection éloignée est inexistante en 1871 et l'ennemi peut arriver aussi bien par la plaine du Grésivaudan que par le Sud. Le colonel du Génie Cosseron de Villenoisy a en charge l'étude d'un nouveau mode de défense qui englobera le fort Barraux récemment récupéré de la Savoie et toute une série de forts périphériques à construire : Comboire, Mûrier, Quatre-Seigneurs, Montavie, la Tour sans Venin, St Nizier, le Bourcet et le Saint Eynard. L'emplacement retenu pour ce dernier fort est tout à fait judicieux, Non seulement, il enlève le risque de se faire déposséder facilement du Bourcet, mais il pourra battre de ses feux la Chartreuse, le bourg de Sarcenas, Quaix, Saint Egrève. Pratiquement invisible du col de Porte, il interdira tout passage par le ravin de la Vence. La construction débute le 21 mars 1873. Les conditions sont difficiles le St Eynard sera terminé en octobre 1879. Imprenable côté falaise, le fort du St Eynard est protégé au Nord par un énorme fossé creusé dans le roc. Le mur d'escarpe (côté fort) mesure de 6 à 8 m de haut. Il est séparé du mur de contre-escarpe (côté extérieur) par une distance de 11m. Il dispose de 25 pièces de canon servies par 477 hommes, sous-officiers et officiers. Les Accès au Fort du Saint-Eynard. En 1874, cette montagne qui culmine à quelque 1304 mètres d'altitude n'est desservie que par des chemins de chèvres montagnardes. Monsieur le Colonel du Génie de la Direction de Grenoble prend sa plus belle plume et écrit alors une lettre au maire de Corenc pour obtenir l'autorisation "d'établir un chemin ou plutôt un sentier qui permette aux troupes d'arriver rapidement au sommet du Mont Saint-Eynard où l'administration de la guerre se propose de faire construire un fort. Il demande l'abandon pur et simple des terrains nécessaires à la création de ce sentier. Monsieur le Maire et le conseil municipal après délibération y voient un certain inconvénient. Ils considèrent que cette proposition ne peut d'être d'aucune utilité à la commune pour l'exploitation de ses bois et que loin d'en favoriser la surveillance ce sentier est de nature à donner plus de facilité aux délits qu'y peuvent s'y commettre. La commune étant dans une situation financière trop fâcheuse pour rien abandonner de ce qui peut lui aider à améliorer sa situation et se voit dans la nécessité de réserver tous ses droits et d'exiger le paiement des terrains qui lui seront pris pour l'emplacement du chemin à construire. Après discutions, évaluations et courriers de réclamation les archives nous disent que le prix des surfaces nécessaires a été fixé à 15 centimes le mètre carré. Et le départ du chemin fut établi au Col de Vence. Vivre en fort. Il n'y a plus d'eau en haut des falaises et deux citernes reçoivent les eaux de pluie, sinon il faut aller se ravitailler au Sappey. L'éclairage nocturne des forts est assuré par des quinquets à huile de colza, des chandelles et des bougies de 0,18 m. La dotation permanente de chacun des forts est de 2000 bougies. Le coût des travaux est gigantesque. Un rapport officiel du 31 juillet 1881 indique une dépense de 1 173 000 F pour le Saint Eynard. Les communications des messages entre le centre de commandement de Grenoble et la ceinture des forts est un problème important. En mars 1887 300 pigeons voyageurs sont hébergés dans la Tour de l'Ille (actuel musée d'art moderne). Ils y resteront jusqu'en 1954. Les volatiles seront peu utilisés avec le Saint Eynard parce que l'altitude et les violentes ascendances qui escaladent les falaises les perturberont. Aussi, le 26 février 1887 est construit un télégraphe optique sur une croupe dite de la croix du Saint Eynard et qui domine le fort d'une trentaine de mètres, un miroir optique y fut installé. Le bâtiment de 5 x 3 m, comporte deux ouvertures pour le passage des rayons. Le miroir optique est mobile et la lumière est fournie par une lampe à huile, il communique avec Grenoble et le Moucherotte. Il est protégé des orages par un paratonnerre dont la prise de terre posa un réel problème. Il fallut tirer un câble de 700 m jusqu'à une source en contrebas qui ne tarissait jamais. Cette prise de terre servit aussi à la poudrerie du fort. Le bâtiment, très délabré, existe toujours. Occupé régulièrement par la troupe, le fort ne servit jamais. Lors de la Première guerre mondiale, il était trop éloigné des zones de combat. Lors de la seconde, l'utilisation de l'aviation le rendit complètement obsolète. Il fut peu à peu abandonné par l'autorité militaire et il se dégrada rapidement. Déclassé par décret du 26 mars 1962, il fut acheté par les communes du Sappey et de Corenc. Site web : Mairie de Corenc |
![]() Fort du Saint Eynard ![]() Entrée ![]() Vue aérienne | |||||